La grossophobie ou Comment j’ai découvert que j’étais grosse.

Aujourd’hui, la pluie a accompagné ma longue journée de travail.Vers 16h, j’ai eu le plaisir de recevoir un appel pour un second entretien d’embauche auquel je me décide à aller directement après le boulot avec beaucoup de fatigue et une pointe d’appréhension. C’est donc un peu stressée que j’arrive près de mon potentiel lieu de travail (je vous spoil tout de suite, je n’ai finalement pas été prise).

À 100m de celui-ci, mon iPhone vibre et je regarde d’un œil l’expéditeur. Surprise, je lis le message qu’il m’a laissé, pantoise au point que je n’ai pas pris le temps de répondre et que je suis allée la tête bien droite en direction du bureau de mes futures chefs.

Là, vous vous demandez où je veux en venir normalement.

J’arrête le suspens ici et je vous joins le dit message que j’anonymise tout de même (parce que oui, moi, je ne suis pas une garce).

Capture d_écran 2017-07-14 à 19.22.21

Moi, Jenny, jeune femme de 22 ans, pleine d’énergie et d’ondes positives, UNE FILLE GÉNIALE, je serais donc grosse ?

Au nom de qui, devrais-je subir cette pression sociale qui dit que je dois entrer dans un jeans taille 36 pour NE PAS être considérée en SURPOIDS.

En plus je n’aime même pas porter de jeans.

Du coup, après une longue journée de boulot et alors que j’étais censée me reposer ce soir, je suis allée à la salle de sport avec un sentiment d’obligation sociale alors même que je la côtoie entre 3 et 6 fois par semaine selon mon planning.

J’aurais très bien pu me réfugier dans le Nutella et détester ma maman de m’avoir donné des gènes de gros mais j’aime pas assez le Nutella et puis ma maman n’y est pas pour grand chose ♥️.

Maintenant que j’ai fini de vous raconter ma vie, je vais vous expliquer pourquoi la société ne me laisse pas tranquille là où moi je voudrais qu’on arrête de me voir comme moi je ne me vois pas.

Je t’apprends donc que oui après 65 kg, si tu es une jeune femme aussi jolie que tu le veux, et faisant moins d’1m65, tu es, selon la société, GROSSE.

Wikipédia définit la grossophobie sur un plan sociologique comme :

<< Une action relatif à une attitude hostile à l’encontre des personnes grosses, en surpoids ou obèses >>

En France, c’est l’actrice Anne Zamberlan qui parle la première de grossophobie et qui lance le mouvement francophone dans les années 1980/1990. Madame Zamberlan est une actrice XXL qui a joué dans une multitude de films dont Charlotte for ever de Serge Gainsbourg.

Capture d_écran 2017-07-14 à 19.25.15Ces photos sont tirées de la campagne publicitaire qu’ Anne Zamberlan a faite pour Virgin Megastore.

Je la trouve particulièrement géniale dans la campagne publicitaire qu’elle a faite pour la marque Virgin Megastore.

<< Que tu te considère comme ou pas, c’est un fait, tu es grosse. >>

Depuis que l’humain s’est rassemblé pour former un groupe social, des normes se sont faites et chaque société a créé ses normes qui se regroupent en deux catégories, les normes formelles (les lois par exemple) et les normes informelles, qui nous intéressent sur ce sujet. Les normes informelles prennent en compte les normes morales (tabou, valeurs, cohésion sociale, déviance) mais aussi physique codifié par le groupe d’individu.

Ne dit-on pas que la liberté des uns s’arrêtent où commencent celles des autres ? Que la France est le pays des libertés ?

Dans notre société moderne qui se veut libre et ouverte, les normes formelles me semblent importantes pour garder un semblant d’ordre, mais pourquoi chaque individu se retrouve à faire face aux normes sociales que l’on a choisit d’imposer et d’accepter ou non.

D’ailleurs, la non-acceptation de ces normes a des conséquences : l’isolement social (la prison est un isolement social mais la solitude aussi). La société créée et fait accepter les normes par les individus. 

(voir Pierre Demeulenaere, les normes sociales, Presses universitaires, Sociologie, 2003).

En somme, pour faire parti d’un groupe on doit en accepter les codes mais aussi les normes de ce groupe et c’est exactement ceci qui me rebute aujourd’hui.

En tant qu’individu, je proclame sans soucis que je ne suis pas grosse. Pourtant, depuis très jeune (le collège) on me met fasse à un surpoids que j’aurais. La société a décidé que j’étais grosse et me prête un comportement lié à cette étiquette.

D’après la société, le gros se goinfre toute la journée sans faire de véritable efforts physiques ce qui entraînerait de forts problèmes médicaux.

Alors, oui, un corps en mauvaise santé conduit à de nombreux problèmes médicaux. Cependant, il y a une marge entre l’obésité morbide (prouvée médicalement) et être gros pour la société. Ma santé va bien et chose extraordinaire, je fais même du sport !  (Ouais ouais je vous jure).

Chacun a le droit de faire ce qu’il veut et personne ne devrait pouvoir nous faire nous sentir mal et influencer notre pensée ou notre comportement.

Ce soir, j’ai forcé à la salle de sport alors que j’aurais dû me reposer après trop d’entraînement et un long week-end. Je ne te remercie pas expéditeur de ce message. Pourtant, tu n’es pas n’importe qui et je te considère beaucoup mais aujourd’hui, tu m’as rappelé que le monde est moche et que je ne peux pas être ce que je veux sans avoir un avis extérieur (alors qu’en général, je me tape éperdument de l’avis des autres).

Ici, je n’essaie pas de faire une leçon de morale mais c’est tout de même un gros coup de gueule sur une société qui se dit moderne et qui veut accepter chacun pour ce qu’il est. Je n’aurais jamais imaginé écrire un jour sur la grossophobie là où en dehors d’histoire drôle de soirée (je t’en mettrais une ou deux en suppléments pour te récompenser de ta lecture) je n’ai jamais eu affaire à des propos qui m’ai réellement blessé et alors même que je ne me considère pas comme grosse.

 

HISTOIRE TROP GROSSE:

  • Moi, ivre dans un bar, rejoignant les w.c. pour faire de la place à ma 6è bières de la soirée et me faisant bloquer par un jeune homme en chemise bleue claire. Lui: Waah t’es jolie, c’est dommage que tu sois grosse, j’aurais pu te draguer.

  • Moi, dans une robe qui me va à ravir et qui  met en valeur ma poitrine généreuse, me promenant lorsque j’entends un : elle est jolie pour une grosse elle.

 

Tout ça pour dire: si tu as envie de donner ton avis sur une personne, arrête toi avant le << mais / pour >> et réfléchis un peu.

Allez des bisous tout doux et je retourne geeker du côté du Blog De Ladynin !

 

Jenny, une grosse géniale.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s