La grossophobie ou Comment j’ai découvert que j’étais grosse.

Aujourd’hui, la pluie a accompagné ma longue journée de travail.Vers 16h, j’ai eu le plaisir de recevoir un appel pour un second entretien d’embauche auquel je me décide à aller directement après le boulot avec beaucoup de fatigue et une pointe d’appréhension. C’est donc un peu stressée que j’arrive près de mon potentiel lieu de travail (je vous spoil tout de suite, je n’ai finalement pas été prise).

À 100m de celui-ci, mon iPhone vibre et je regarde d’un œil l’expéditeur. Surprise, je lis le message qu’il m’a laissé, pantoise au point que je n’ai pas pris le temps de répondre et que je suis allée la tête bien droite en direction du bureau de mes futures chefs.

Là, vous vous demandez où je veux en venir normalement.

J’arrête le suspens ici et je vous joins le dit message que j’anonymise tout de même (parce que oui, moi, je ne suis pas une garce).

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Moi, Jenny, jeune femme de 22 ans, pleine d’énergie et d’ondes positives, UNE FILLE GÉNIALE, je serais donc grosse ?

Au nom de qui, devrais-je subir cette pression sociale qui dit que je dois entrer dans un jeans taille 36 pour NE PAS être considérée en SURPOIDS.

En plus je n’aime même pas porter de jeans.

Du coup, après une longue journée de boulot et alors que j’étais censée me reposer ce soir, je suis allée à la salle de sport avec un sentiment d’obligation sociale alors même que je la côtoie entre 3 et 6 fois par semaine selon mon planning.

J’aurais très bien pu me réfugier dans le Nutella et détester ma maman de m’avoir donné des gènes de gros mais j’aime pas assez le Nutella et puis ma maman n’y est pas pour grand chose ♥️.

Maintenant que j’ai fini de vous raconter ma vie, je vais vous expliquer pourquoi la société ne me laisse pas tranquille là où moi je voudrais qu’on arrête de me voir comme moi je ne me vois pas.

Je t’apprends donc que oui après 65 kg, si tu es une jeune femme aussi jolie que tu le veux, et faisant moins d’1m65, tu es, selon la société, GROSSE.

Wikipédia définit la grossophobie sur un plan sociologique comme :

<< Une action relatif à une attitude hostile à l’encontre des personnes grosses, en surpoids ou obèses >>

En France, c’est l’actrice Anne Zamberlan qui parle la première de grossophobie et qui lance le mouvement francophone dans les années 1980/1990. Madame Zamberlan est une actrice XXL qui a joué dans une multitude de films dont Charlotte for ever de Serge Gainsbourg.

Capture d_écran 2017-07-14 à 19.25.15Ces photos sont tirées de la campagne publicitaire qu’ Anne Zamberlan a faite pour Virgin Megastore.

Je la trouve particulièrement géniale dans la campagne publicitaire qu’elle a faite pour la marque Virgin Megastore.

<< Que tu te considère comme ou pas, c’est un fait, tu es grosse. >>

Depuis que l’humain s’est rassemblé pour former un groupe social, des normes se sont faites et chaque société a créé ses normes qui se regroupent en deux catégories, les normes formelles (les lois par exemple) et les normes informelles, qui nous intéressent sur ce sujet. Les normes informelles prennent en compte les normes morales (tabou, valeurs, cohésion sociale, déviance) mais aussi physique codifié par le groupe d’individu.

Ne dit-on pas que la liberté des uns s’arrêtent où commencent celles des autres ? Que la France est le pays des libertés ?

Dans notre société moderne qui se veut libre et ouverte, les normes formelles me semblent importantes pour garder un semblant d’ordre, mais pourquoi chaque individu se retrouve à faire face aux normes sociales que l’on a choisit d’imposer et d’accepter ou non.

D’ailleurs, la non-acceptation de ces normes a des conséquences : l’isolement social (la prison est un isolement social mais la solitude aussi). La société créée et fait accepter les normes par les individus. 

(voir Pierre Demeulenaere, les normes sociales, Presses universitaires, Sociologie, 2003).

En somme, pour faire parti d’un groupe on doit en accepter les codes mais aussi les normes de ce groupe et c’est exactement ceci qui me rebute aujourd’hui.

En tant qu’individu, je proclame sans soucis que je ne suis pas grosse. Pourtant, depuis très jeune (le collège) on me met fasse à un surpoids que j’aurais. La société a décidé que j’étais grosse et me prête un comportement lié à cette étiquette.

D’après la société, le gros se goinfre toute la journée sans faire de véritable efforts physiques ce qui entraînerait de forts problèmes médicaux.

Alors, oui, un corps en mauvaise santé conduit à de nombreux problèmes médicaux. Cependant, il y a une marge entre l’obésité morbide (prouvée médicalement) et être gros pour la société. Ma santé va bien et chose extraordinaire, je fais même du sport !  (Ouais ouais je vous jure).

Chacun a le droit de faire ce qu’il veut et personne ne devrait pouvoir nous faire nous sentir mal et influencer notre pensée ou notre comportement.

Ce soir, j’ai forcé à la salle de sport alors que j’aurais dû me reposer après trop d’entraînement et un long week-end. Je ne te remercie pas expéditeur de ce message. Pourtant, tu n’es pas n’importe qui et je te considère beaucoup mais aujourd’hui, tu m’as rappelé que le monde est moche et que je ne peux pas être ce que je veux sans avoir un avis extérieur (alors qu’en général, je me tape éperdument de l’avis des autres).

Ici, je n’essaie pas de faire une leçon de morale mais c’est tout de même un gros coup de gueule sur une société qui se dit moderne et qui veut accepter chacun pour ce qu’il est. Je n’aurais jamais imaginé écrire un jour sur la grossophobie là où en dehors d’histoire drôle de soirée (je t’en mettrais une ou deux en suppléments pour te récompenser de ta lecture) je n’ai jamais eu affaire à des propos qui m’ai réellement blessé et alors même que je ne me considère pas comme grosse.

 

HISTOIRE TROP GROSSE:

  • Moi, ivre dans un bar, rejoignant les w.c. pour faire de la place à ma 6è bières de la soirée et me faisant bloquer par un jeune homme en chemise bleue claire. Lui: Waah t’es jolie, c’est dommage que tu sois grosse, j’aurais pu te draguer.

  • Moi, dans une robe qui me va à ravir et qui  met en valeur ma poitrine généreuse, me promenant lorsque j’entends un : elle est jolie pour une grosse elle.

 

Tout ça pour dire: si tu as envie de donner ton avis sur une personne, arrête toi avant le << mais / pour >> et réfléchis un peu.

Allez des bisous tout doux et je retourne geeker du côté du Blog De Ladynin !

 

Jenny, une grosse géniale.

 

Les amis en carton

L‘être humain est un animal social – à sa manière – ainsi, pour affronter le monde, on s’entoure de personne plus ou moins semblable sensé s’entraider et se protéger. Ici nous nous pencherons sur ces amis qui finalement ne le sont pas vraiment. Ces relations unilatérales épuisantes à la longues.

Comment les reconnaître ? Comment réagir ? Bonne lecture !

Niveau 1

Niveau 2

Niveau 3

Niveau 4

Niveau 5

Niveau 6

Niveau 7

Niveau 8

Niveau 9

Si tu t’es reconnu dans cette liste non exhaustive un travail sur toi s’impose, saches que tant que tu n’as pas atteint le niveau 6 tu es rattrapable, après, je ne peux plus rien pour toi, tu es juste un malotru de bas étage. (Bisous.)

Anne Charlotte M.

 

5 conseils pour se remettre à lire

Avant d’entrer dans le supérieur j’avais un temps presque infini pour lire. Cela dit, je vivais en internat et ma vie sociale était proche de zéro. Cependant je ne regrette pas ces années d’études. Ma filière littéraire m’ayant offerte un emploi du temps parfait pour m’adonner à la lecture, je me donnais à cœur joie à ce passe temps. Ainsi, je me prenais pour Hermione Granger dans les couloirs de mon abbaye (les résultats en moins, l’uniforme moche en plus), les bras chargés de livres.

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la frange en moins

Maintenant que je joue à la grande personne et que je peux dire « j’ai pas le temps, je croule sous le taf. Mais on peut se voir le 30 février si tu veux, c’est mon seul créneau » j’avais tendance à repousser mes moments de lecture, parce que j’avais autre chose à faire, que j’avais des gens à voir, qu’il y avait trop de bruit autour de moi, que j’avais la flemme et que je me cherchais des excuses.
Puis, ça a fait « tilt » dans ma tête. J’en avais assez d’avoir l’esprit en friche, de tourner autour des mêmes références. Du coup, hop ! J’ai recommencé subitement à lire !
Voici quelques conseils pour toi, qui souhaite retrouver un peu de temps avec tes amis les livres, même si tu as un emploi du temps de ministre !

1) LES TRANSPORTS SONT TES AMIS !

Eh oui ! C’est tout bête, mais que tu sois en métro, bus, taxi, calèche, voiture avec chauffeur, jet privé…Tu peux t’adonner le temps du trajet à la lecture ! Même si c’est pour une station, ça te donnera l’occasion d’avancer de quelques pages.

Mon conseil : Pose ton livre sur le dos de ton voisin en heure de pointe. S’il te le reproche, explique-lui que tu n’as pas de temps à perdre et que tu dois absolument finir ce livre pour ta thèse. Ceci ne marche que pour les livres un peu intellectuels, comme 50 nuances de Grey (si tu souhaites travailler ton anatomie.)

2) REND UTILE TES INSOMNIES !

Si tu es comme moi et que ton sommeil est aussi fréquent que le 29 février, maximise ton temps à avancer dans ta lecture. Quelques chapitres et tu auras l’esprit vidé des problèmes de ta journée, le cerveau plus apaisé pour t’endormir.

Mon conseil : Fais attention, cela ne marche pas sur les romans policiers, à suspens ou d’épouvantes, sinon, tu viens de trouver la cause de tes insomnies.

3) DONNE TOI DES OBJECTIFS

C’est peut être là que je vais passer pour une grande malade, mais c’est un conseil qui marche pour moi. Fais-toi des listes, donne-toi des objectifs et fais marcher le challenger qui est en toi ! Depuis que je le fait, j’ai une liste de lecture d’au moins 10 livres par mois (ça peut être plus, comme ça peut être moins. Chacun son rythme, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse)

Mon conseil : prend des notes. Le but n’est pas de faire un commentaire détaillé mais de noter tes impressions sur le livre. Une émotion, un passage, une association d’idée, une critique. Ainsi, il restera gravé dans ta mémoire et tu pourras t’en resservir le moment venu (comme pour briller auprès de tes beaux parents, par exemple).

4) PARLES-EN AUTOUR DE TOI

Telle une spirale positive, le fait de parler ce que tu lis va te rendre chiante comme une pierre entrainer tes amis à discuter de leur lectures (si tes amis ne savent pas lire ce n’est pas mon problème). Du coup, forcement, tu défendras (ou pas) ta lecture, eux te donneront envie de lire plus, et hop ! Tu deviens plus intelligent !

Mon conseil : Essaye les cafés littéraires, c’est un moyen sympa pour rencontrer de nouvelles personnes et en plus, ils auront au moins tous un point commun avec toi : déjà, ils respirent, et en plus, ILS SAVENT LIRE.

5) IL N’Y A PAS DE BONNES OU DE MAUVAISES LECTURES

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Ok, certaines choses sont plus assumables que d’autres (j’avoue j’ai cru mourir lorsque l’on m’a vu lire Kant). Mais il n’y a pas de bon ou mauvais livre, seulement de mauvais écrivains. Tant que tu aimes ce livre, assume (sauf si c’est Mein Kampf, là je ne peux plus rien pour toi)

Mon conseil : Fais-toi plaisir, tout simplement. C’est le principe de la lecture (en plus de t’enrichir, même si tu finis par te ruiner en allant chez Gibert, tu n’en sortiras que plus riche intellectuellement, et ça, c’est beau !)

 

Anne Charlotte M.

Rencontre avec Dasol

Une couleur : le bleu

Une passion : la glisse

Une odeur : le thym

Une musique : le rythme

Un goût : parfois amer

Un livre : tous

Un film : A bout de souffle

Une oeuvre : La période bleue de Picasso

Un moment de joie : maintenant

L’habitat idéal : en bois

Un végétal à choisir : l’herbe du diable

Une tolérance : tout est possible

Une rage : l’indifférence

Une gourmandise : le fruit de la passion

Un défaut que tu ne te pardonnes pas : ne surfer que des vagues parfaites !

Un défaut que tu ne pardonnes pas : on peut tout pardonner car l’être humain évolue;

Voila le portrait (sans retouche) chinois de mon artiste du jour, j’ai nommé, attention mesdames et messieurs : Dasol ! Français, expatrié au Brésil depuis 18 ans, il a voyagé dans le monde entier, notamment en Amérique Latine, en Afrique et en Asie (oui, je sais vous êtes aussi jalouses que moi !). Écolo-généreux-intelligent, Dasol à tout pour vous plaire ! Ce cher David (oui parce que comme vous et moi il a un prénom) a eu la gentillesse de partager quelques minutes de son temps précieux avec moi (merci !) Voici un léger contre rendu (lapsus révélateur). Dasol n’en est pas à sa première exposition, ayant fait des travaux plus violents et plus criants dans l’engagement écologique ; là, nous sommes sur une gamme d’oeuvres plus douces, presque maternantes, qui montrent que la Nature est notre mère à tous. Certaines de ses photographies rappellent que la mer est vivante et ressemblent à des échographies. Car en plus d’être artiste, monsieur est sportif, surfeur en plus ! Il nous offre alors un voyage à travers les mers, une expérience sensible et humaniste, à voir absolument !

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Quelles émotions veux tu faire passer ?

Toutes mes œuvres sont liées à l’écologie, la poésie d’une oeuvre d’Art, la mer et l’océan, leurs couleurs permettent de faire passer aux spectateurs l’envie de préserver la planète. C’est un travail engagé à travers le rêve.

Quelle est ta devise ?

Le moment présent n’est pas éternel.

Que -t-ont apporté les pays dans lesquels tu as voyagé, une rencontre qui t’as particulièrement marqué ?

Les voyages m’ont beaucoup inspiré, Bali et l’Afrique ont été de réels inspirateurs. Pour ce qui est de la rencontre si je devais n’en garder qu’une seule ce serait celle avec le petit fils de Portinari (peintre brésilien) qui est lui même musicien de jazz. C’est lui qui m’a donné la force d’accepter la critique et de réaliser que chaque oeuvre d’art était à prendre avec passion et sérieux, que tout avait son importance à partir du moment où c’est le coeur qui parle.

Quel est ton patrimoine artistique ?

Avec mes origines espagnoles, ma famille m’a toujours éduqué à l’Art, je suis très sensible à Dali, au surréalisme.

Au Brésil, l’Art gagne-t-il de nouveaux territoires dans l’espace public comme en Argentine ou reste-il dans les musées ? L’art est-il mis en avant ou l’état brésilien laisse ça de coté ?

Le Brésil est très sensible à l’Art, c’est un pays ou on fait beaucoup d’arts conceptuels, beaucoup de récupérations. Les artistes sont très engagés pour l’écologie mais aussi très politisés. J’ai la chance de fréquenter ces artistes. L’art touche beaucoup d’aides , il y a de nouveaux musées qui ouvrent leurs portes. Heureusement, l’état soutient avec des subventions.

J’ai vu que tu es un artiste très engagé, y a-t-il des missions dans lesquelles tu souhaites t’investir ?

L’association Surfer 4 Peace, ce sont des surfeurs israéliens qui partagent et aident des palestiniens pour leur proposer un moment de trêve grâce au sport.

Trois oeuvres que tu voudrais collectionner dans l’idéal ?

  • Arman (oeuvres en résines et de déchets qui montrent que si on doit disparaître c’est aussi à cause de nous.)
  • Redon (contemporain de Monet, le bleu est très présent dans sa peinture)
  • Matisse et ses collages série jazz

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Un projet à réaliser dans l’idéal ?

Travailler plus dans l’écologie notamment dans l’éducation

Un mot de la fin ?

Ce n’est que le commencement du plaisir partagé avec toi même.

Presse féminine, presse misogyne ?

L’autre jour en lisant la presse féminine chez ma mère, je suis tombée sur un article qui a eu le mérite d’attirer mon attention : Mélania Trump est- elle a l’aise dans ses baskets Louboutin ? Montrant, série de photos à l’appui, une femme prête à dévorer ton âme si tu la regardes trop longtemps, car elle ne sourit pas.

En même temps quand on est marié à l’homme le plus détesté sur la planète on fait profil bas. En cherchant un peu dans le passé de Mélania, on apprend qu’elle a été mannequin. Serait-ce là où elle a définitivement perdu l’envie de sourire (où est le fait d’écouter quotidiennement son mari, l’histoire de nous le dit pas) ?

Loin de vouloir érigés Mélania à Trump en sainte, vraiment, j’aimerais mettre un peu de lumière sur les paradoxes de la presse féminine.

Comment peut-on se permettre de faire ce genre de commentaire lorsque deux pages plus loin on retrouve : un shooting codirigée par le magazine lui-même qui présente des mannequins ayant l’air d’être définitivement au bout de leur vie, case avant l’abattoir.

C’est bien beau de vouloir s’engager politiquement pour faire comme tout le monde encore faut-il respecter les convictions que l’on prêche.

Internet publie grand nombre de témoignages de mannequins qui racontent leur expérience : la pression, les carences alimentaires, la violence des critiques, bon nombre d’entre elles  crient « Je ne suis pas en numéro » : ou sont-elles représentées dans les interviews de ces magazines pseudo féministe ?

Pronom personnel* dit que tout le monde est beau alors pourquoi toujours exposer un seul type de beauté ?

Garcia* dit qu’il faut s’accepter comme on est alors pourquoi un numéro spécial minceur avec le nouveau régime draconien en vogue pour enfin faire un 34, taille tant rêvée ?

Femme du jour* dit que tous les couples ont leur propre manière de fonctionner alors pourquoi un article sur « la pipe le ciment du couple. »

Anne-Claude* dit être accessible alors pourquoi proposer une tenue dont la robe seule coute un an de SMIC ?

Apprendre à balayer devant sa porte ne serait donc pas de trop. Mélania étant une cible facile, autant ne pas tirer sur l’ambulance. On se fait déjà assez envahir par les Trump en lisant l’actu’, c’est pas la peine d’en rajouter encore plus quand tu lis quelques chose à but récréatif.

Sur ce, je retourne balayer devant ma porte.

Anne Charlotte M.

 

*tu t’en doutes, les noms on été changé, je dois faire des stages et je renierai toutes mes convictions pour valider mon année. Mes idées sont à vendre, Bisous. 

Livre du mois

J’ai tenu bon : objectif 10 livres par mois check ! C’est ainsi que, pour vous, en bon rat de bibliothèque, je vous donne mon top trois des livres à lire au moins une fois…
Je suis aussi nerveuse que si je devais décerner un oscar !
PS : Il n’y a pas d’ordre de préférence car ils viennent de genres complètements différents… Et comme on ne mélange pas les torchons et les serviettes, on ne mélange pas le théâtre avec un roman épistolaire (mais on ne parlera d’aucun des deux aujourd’hui, désolé)

 

1) L’AUTOMNE À PÉKIN, BORIS VIAN

capture-decran-2016-12-09-a-22-50-49Un roman hilarant, cruel, absurde, déchirant, beau, complexe, complet. Tout ça à la fois. C’est là que tu me dis « T’es mignonne Anne Cha, mais quand est-ce que tu parles du livre plutôt que de donner des qualificatifs à tout va »  Promis, je vais le faire, mais d’abord, laisse-moi te parler de Boris (parce que oui, je peux dire Boris. Je l’ai tellement lu que nous sommes amis, dans un sens)
C’est un personnage. Il ne peut rentrer dans aucune case (et il ne lui en manque aucune, j’ai vérifié !) C’est un ingénieur Centralien, mais pas que ! Il est poète, écrivain, parolier, musicien de jazz, traducteur, peintre, critique… Que ne fait-il pas ? Je ne sais pas. C’est le genre de personne que tu admires et détestes à la fois. Le type de personne qui est doué pour tout et qui a le mérite de travailler pour ne pas rester sur ses acquis. Il consacre toute sa courte vie (il meurt à 39 ans) a laisser une œuvre considérable dans tous les styles.
On dit de lui que c’est un pessimiste, mais je ne suis pas d’accord, il a réussi à trouver la beauté dans le drame et seul quelqu’un de positif peut le faire.
L’automne à Pékin est une œuvre particulièrement difficile à résumer. C’est une histoire qui mêle des histoires. Des personnages qui n’ont aucun rapport entre eux mais qui se retrouvent en Exopotamie -un désert- pour y construire sur du sable (inutile de regarder ta carte, cela n’existe pas). Ces personnages sont obligés de cohabiter en vase clos. D’ailleurs, si tu n’en es pas à ton premier Vian et que tu as lu L’arrache cœur, tu pourras y retrouver le personnage d’Angel.
C’est un roman sonore, il y a tellement de détails, qu’une forme de musique s’installe. On entendrait presque les dialogues. Le narrateur est un personnage à part entière car il juge, se moque et réagit en fonction des agissements des personnages, c’est en partie lui qui donne cette vision tragicomique au livre
Je ne voulais pas faire de favoritisme dans ce classement mais j’avoue que ce roman fait partie de mes chouchous pour la vie. L’atmosphère est complètement folle, voire délirante, sans jamais être pesante pour le lecteur même lorsque l’ambiance du livre devient lourde…

2) CARTONS, PASCAL GARNIER

capture-decran-2016-12-09-a-22-50-33Tout commence par hasard, alors que je refaisais mon stock de livres chez ma mère. Cartons s’est glissé dans ma pile, je me dis qu’il s’agit d’un geste du destin et ne prends même pas le temps de lire la quatrième de couverture. Arrivée chez moi, je me dis « tiens, et si je lisais quelques pages ? » Me souvenant qu’un intrus s’est introduit dans ma liste, je regarde le nom de l’écrivain, inconnu au bataillon. Par curiosité, je feuillette… Je n’ai tout simplement pas réussi à le lâcher. L’histoire est simple, facile à lire et pourtant si riche en détails.

Brice, illustrateur pour enfant, déménage dans un bled paumé. Il quitte son appartement Lyonnais où il avait toutes ses habitudes pour une maison. Il s’est s’occupé de son déménagement sans sa femme, Emma, qui, étant journaliste, est absente et semble perdue quelque part en Egypte. Personne n’a de nouvelles d’elle. C’est ainsi que Brice se retrouve seul, sans repère dans une maison vide. Enfin, presque, puisqu’elle reste pleine de cartons à moitié éventrés.
Au village, Brice rencontre Blanche, une femme sans âge dont la vie s’est arrêtée lors de la mort de son père. C’est une sorte d’elfe qui peu à peu tente d’apprivoiser Brice avec du Viandox (ou le plus gros placement de produit de l’histoire du livre).
Peu à peu, le livre sombre dans une atmosphère sombre et oppressante sans en avoir l’air… D’une page à l’autre, on passe d’un fou rire à un sursaut.

3) QUAND LA BEAUTÉ NOUS SAUVE, CHARLES PÉPIN

Capture d’écran 2016-12-09 à 22.50.11.pngBon, je vous préviens, je ne serai pas objective car l’œuvre que je vais vous présenter est de mon ancien professeur de philosophie. Là je vous vois venir « bouh, tu nous parles de philo. Bouh, ça va être nul à mourir. Bouh, j’arrête de lire ! » Eh bien que nenni mon enfant ! Déjà, je te répondrais que la philo n’est pas ennuyeuse lorsque tu as un bon angle d’attaque (sauf Kant). Et c’est ce que montre Pépinou (coucou monsieur) à chacun de ses cours/conférences/livres (rayez les mentions inutiles.)
Charles (si je puis me permettre) réfléchit sur la beauté, sur ce qu’elle nous fait, ce qu’elle produit en nous. On sort complètement des analyses d’art qui t’expliquent que tu dois aimer une œuvre pour sa technique. Au lieu de quoi, on t’offre le sentiment de liberté d’aimer la beauté. Bien plus qu’une vision superficielle, la beauté a un but inconscient nettement plus profond. Elle nous réconcilie avec nous-mêmes (noumène, tu saisis ?), nous donne quelques instants sans contradiction, et nous apaise. On dit que la musique adoucit les mœurs, mais c’est la beauté de cette musique qui t’adoucie (sauf si tu es adepte du pogo, c’est pas grave, je t’aime quand même). C’est un moment où tu es plus ouvert au dialogue et où tu peux tout simplement essayer de voir le monde différemment. Finalement, chaque émotion esthétique te donne l’occasion de prendre un nouveau départ pendant quelques secondes. La Beauté serait elle donc le chemin de la liberté ?

Et toi, quel est ton livre préféré ?

Anne Charlotte M